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Les langues dans l’Europe

Introduction

Selon le recensement des linguistes, il existe 5000 langues dans le monde. Certaines sont parlées par quelques centaines de locuteurs, notamment dans les îles, d'autres concernent des centaines de millions d'êtres humains. Nombreuses sont celles qui ne servent qu'à l'échange interne, limité à ceux qui parlent leur seule et unique langue maternelle qui elle même n’a pas de présence à l’extérieur de leur territoire. Quelques-unes sont de grandes langues internationales, maternelles pour les uns, apprises pour les autres. Chaque année, on estime qu'environ 25 langues sont sur le chemin de la disparition. De ce constat, il ne faut pas déduire qu’il y a des grandes et des petites langues et que certaines seraient utiles et les autres sans importance. Il y a les langues parlées par beaucoup de monde et d'autres par peu de personnes. Il y a les langues qui ont accompagné la découverte de la planète, du XVIème siècle à nos jours. C'est la raison de la présence de l’espagnol et du portugais en Amérique du centre et du sud, de l’anglais en Amérique du nord etdu français en Afrique et au Québec. Une langue renvoie toujours à l'histoire, à la culture, à l'identité de soi-même et à celle de l'autre, à l'affectivité aussi ou alors on ne parlerait pas de "langue maternelle". Dans sa construction, l'Europe rencontre cette réalité. Elle veut s'unir, faire un marché unique et une monnaie unique, avoir une politique étrangère et de sécurité commune, repousser sa frontière... Lui faut-il une langue unique encourageant à la création d'une nation européenne avec des citoyens européens ? Elle ne choisit pas cette voie. Elle veut mettre beaucoup en commun mais préserver ses langues, comme une richesse.

Pour aborder le sujet proposé, je traiterai quatre questions avant notre débat.

  1. Qu'est-ce qu'une langue régionale ?
  2. L'union européenne et ses langues officielles
  3. Le Conseil de l'Europe et sa charte des langues régionales ou minoritaires.
  4. La position française

I. Qu'est-ce qu'une langue régionale ?

On peut la qualifier par quelques adjectifs mais à chaque fois il faut les pondérer.

· Ce n'est pas la langue officielle d'un Etat Chaque Etat a une langue officielle...celle qui fait foi en matière de droit public, administratif, constitutionnel. Mais il y a quelques nuances. Par exemple, le castillan et le basque ne sont pas des langues officielles de l'Espagne mais sont co-officielles et reconnues comme telles dans ces provinces autonomes ou bien la Belgique qui a ses deux langues officielles : le flamand, un néerlandais officiel aux Pays-Bas et le wallon, un français officiel en France.

· C'est une langue territorialisée. Au sens où une partie d'un territoire concentre beaucoup de locuteurs parlant une langue différente de la langue officielle : La France avec le breton, le basque, l’alsacien, l’occitan, le corse, le flamand, le créole, le Royaume -Uni a le gallois en pays de Galles. Mais attention : cette caractéristique vaut de moins en moins, à cause de la mobilité des populations : on parle plus corse sur le continent que dans l'île et autant le créole antillais dans l'hexagone que dans les Caraïbes. La langue suit le locuteur qui se déplace. Elle lui appartient et non au territoire qui l'a vu naître

· Ce n'est plus forcément une langue maternelle Les situations sont très variées d'une région à l'autre de l'Europe. En Flandre belge, le français n'est appris qu'à l'école (et plutôt mal) alors qu'il s'agit aussi d'une langue officielle. En France, plusieurs de nos langues ont cessé d'être parlées dès la naissance : c'est vrai du breton au contraire du créole et de plusieurs langues mélanésiennes, polynésiennes et amérindiennes. Au Royaume-Uni, par volontarisme, une partie de la population galloise a redonné son caractère maternel à sa langue. Une langue régionale peut être évidemment langue maternelle mais elle peut aussi être une langue apprise à l'école, à partir de 5-6 ans et par la volonté des parents.

· C'est une langue qui a parfois bien réussi pour devenir langue officielle Il ne faut pas se méprendre sur les langues officielles. Elles partent elles aussi d'une région. L'italien officiel est un toscan régional qui s'est imposé. Même chose pour l'Espagne avec le castillan. Ou pour l'Allemagne avec le haut-allemand, ou allemand officiel, qui est le dialecte saxon de Meissen dans lequel Luther a traduit la Bible. S'il l'avait fait en alémanique, la langue officielle de la République fédérale d'Allemagne se serait développée à partir de l'alsacien. Et que dire du français, une langue d'oil parmi d'autres à l'origine, mélange de latin, de celtique et de germanique. J'ajoute que beaucoup de nos langues ne sont que des créoles du latin, langue qui elle même a essaimé à partir d'une petite région de l'Italie en suivant l'expansion romaine, celle des légionnaires et des marchands.

· Une langue sans territoire peut-elle être régionale ? Je pense bien sûr aux langues des populations migrantes, comme le rom ou le yiddish. Je pense aussi aux langues des populations issues de notre colonisation. Les berbères de Kabylie en Algérie ou du Rif au Maroc sont très nombreux en France et ont choisi de vivre et travailler dans ce pays parce que nous sommes allés les dominer... et leur apprendre le français. S'il y avait une leçon à tirer de cet examen, c'est la difficulté à territorialiser une langue dite "régionale". La mobilité des individus est aujourd'hui très forte. Elle se prolonge avec les nouveaux moyens de communication, type internet. Evidemment il y a de fortes chances qu'on parle plus alsacien en Alsace qu'en Gironde mais personne aujourd'hui ne se sent cantonné ou prisonnier chez lui.

II. L'union européenne et ses langues officielles

L'Europe a déjà connu une langue commune (mais pas unique) : le latin. Langue de l'Eglise, des lettrés, des savants, elle permettait de se comprendre de Paris à Venise, de Prague à Madrid. La division du continent en nations, la mise en place des Etats surtout à partir du XVIème siècle ont fait éclaté cette langue partagée. Faut-il aujourd'hui faire le chemin inverse ? Je résumerai en quatre mots la position de l'Union :

· Elle rejette le principe d'une langue commune, encore moins d'une langue unique Il y a eu des tentatives, à l’échelle planétaire, plutôt sympathiques, généreuses et chaleureuses, à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. C'est le développement important des communications et des transports qui a entraîné une réflexion sur ce sujet et a provoqué des inventions à l'échelle du globe. On pense, à cette époque, qu'il est utopique de rendre internationale une langue existante et difficile de revenir à une langue morte et neutre, comme le latin. On recherche alors une Langue Internationale Auxiliaire (LIA) et j’en cite deux exemples :
- le Volapük, inventé en 1879 par un prélat catholique allemand (Johann Martin Schleyer 1831-1912) pour être un instrument pour l'Union et la fraternité des peuples. On comptera en 1889 en Europe, Amérique et Australie, 283 clubs volapukistes. Mais cette tentative restera sans suite ni succès.
- l'Espéranto, toujours parlé et appris par des militants passionnés, proposé en 1887 par le Dr Zamenhof. Le nom vient du pseudonyme qu'il avait utilisé pour signer son livre titré "Langue internationale" : Doktoro Espéranto = Docteur plein d'espoir. Vous trouverez d’autres exemples dans le livre d'Umberto Eco publié en 1994 et intitulé "La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne" (éd. du Seuil). Aujourd'hui cette voie n'est pas retenue, au grand dam parfois des espérantistes.

· L'égalité des langues officielles des Etats est le principe de l'Union européenne Au début, dans les années 50, ce principe est simple à appliquer : il y a 6 pays et 4 langues (français, allemand, italien, néerlandais). En 1973 avec le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark, 2 autres langues se rajoutent, dont l'anglais (et même le gaëlique mais pas utilisé dans les organismes de l'Union). Aujourd'hui à Quinze, il y a 11 langues officielles (plus le gaëlique et le luxembourgeois qui est proche du francique mosellan). Certaines sont langues de travail comme l'anglais et le français. Mais tout doit être traduit en onze langues dans les institutions, notamment au Parlement. Demain avec l'élargissement il y aura 20 langues, puis 22 puis 25 officielles à traiter sur le même pied d'égalité. Pour le Parlement il a été calculé que 6 Etats nouveaux et 5 langues nouvelles exigeaient le recrutement de 512 fonctionnaires pour les services d'interprétariat et de traduction. A cela s'ajoute la façon de faire : soit en traduisant d’abord dans une langue, évidemment l'anglais, avant restitution dans toutes les autres. La qualité de la traduction s'en ressentirait. Cela ressemble à une traduction de second degré. Soit en gardant le système actuel mais il n'y a pas assez de cabines dans les salles de travail ou dans l’hémicycle. Faut-il rassembler les interprètes dans un bâtiment à part et les faire travailler à partir de retransmissions télévisées. La spontanéité des débats en pâtirait beaucoup.

· La diversité linguistique est donc la doctrine retenue Elle est couplée à la diversité culturelle et présentée comme une richesse à conserver et à promouvoir, comme un refus de l'uniformisation du monde, comme une résistance à la domination d'une seule puissance dans le monde. Cette diversité a été inscrite dans un article de la Charte des droits fondamentaux adoptée au sommet de Nice en décembre 2000. Sans qu'il soit précisé si les langues régionales sont aussi concernées et en laissant à chaque Etat le soin de mener sa politique en la matière. Cette diversité se traduit

  • un peu dans des financements (crédits au Bureau des langues les moins répandues)
  • aussi au Parlement avec l'Intergroupe pour les langues régionales (surtout un groupe de pression)
  • beaucoup par une politique souhaitée auprès de chaque pays avec une orientation : chaque petit européen doit apprendre deux langues de l'Union européenne, en plus de la sienne. Deux parce qu'une seule aurait fatalement débouché sur l'anglais.

· La réalité ne respecte cependant pas les principes Evidemment une langue tend à dominer les autres, l'anglais...ou plutôt un anglo-américain ou un anglais créolisé qui n'a pas forcément grand chose à voir avec les grands textes de la littérature anglaise. Plus les Etats sont petits, plus leur langue est limitée en nombre de locuteurs, plus leurs populations apprennent une autre langue, internationale et l'anglais l'emporte. Ce sera encore accentué avec l'arrivée des pays d'Europe centrale et orientale où l'apprentissage de l'anglais fait des progrès rapides. D'où la nécessité d'avoir une politique linguistique, et aussi le souci de l'avenir des langues régionales, moins répandues, minoritaires. Le Conseil de l'Europe a eu très tôt cette préoccupation.

III. Le Conseil de l'Europe et sa Charte des langues régionales ou minoritaires

Le Conseil de l'Europe, c'est l'autre Europe, la grande Europe, celle née du Traité de Bruxelles signé après la guerre en 1949 entre 10 pays. Six d'entre eux se sont détachés pour signer le Traité de Rome en 1957 (la CECA en 1951 d'abord). Ces six sont devenus 15 aujourd'hui, seront plus nombreux demain et forment l'Union. Le Conseil de l'Europe rassemble 43 pays, dont la Russie. Il a, dès le départ, centré son action sur la défense des droits de l'homme, des libertés, des groupes minoritaires dans la société. Il est le rédacteur de la Convention européenne des Droits de l'Homme. Il a également rédigé une Charte de l'autonomie locale. Il en prépare une autre sur l'autonomie régionale. Et il a adopté en 1992 une Charte des langues régionales et/ou minoritaires. C'est celle-là qui nous intéresse ici.

· Sa naissance remonte à 1984 Le Conseil organise cette année-là une conférence pour voir comment le continent pourrait mieux préserver et aussi promouvoir les langues régionales ou minoritaires et les protéger par le droit. On a et on dit encore que cette charte a été conçue dès le départ pour répondre à la question des minorités dans les pays de l'Est libérés du communisme totalitaire. C'est inexact. La charte était en préparation bien avant. Personne n'envisageait en 1984 la chute du Mur de Berlin. Le Conseil de l'Europe n'avait et n'a toujours que la préoccupation culturelle et linguistique. Mais la charte a rencontré l'histoire en marche. Et elle est devenue un point de référence important pour que les minorités soient respectées dans les pays qui s'éveillaient lentement à la pratique démocratique. Elle a été adoptée le 25 juin 1992 et ouverte à la signature le 5 novembre 1992. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 1998, soit trois mois après la date à laquelle elle a été ratifiée par au moins cinq Etats membres. A ce jour, 27 pays ont signé le texte et 13 pays l'ont ratifié.

· Son contenu est un système à la carte D'abord, c'est un acte volontaire : le Conseil de l'Europe ne peut contraindre personne à la signer, encore moins à la ratifier. Ce n’est ni une directive, ni un règlement comme dans l’Union Européenne. Ensuite, elle n'est pas à prendre ou à laisser : elle comporte 98 articles répartis en sept chapitres. Il faut en signer 35 avec un minimum par chapitre et chaque Etat prend ce qu'il veut. Enfin, elle n'est pas assortie de sanctions notamment financières. Il y a cependant un contrôle qui donne lieu à rédaction d'un rapport. Un pays peut se faire taper sur les doigts pour non respect des articles signés. C'est désagréable pour le gouvernement en fonction. Il peut avoir à s'en expliquer devant son opinion mais la sanction est simplement politique, au moment des élections si un citoyen fait de ce point le déterminant de son vote. Les sept chapitres sont les suivants :

  • enseignement
  • activités et équipements culturels
  • justice
  • autorités administratives et services publics
  • médias
  • vie économique et sociale
  • échanges transfrontaliers

Ils sont précédés d'un rapport explicatif apte à rassurer les plus inquiets sur le caractère une et indivisible de notre République. En voici quelques extraits :

"L'objectif dominant de la Charte est d'ordre culturel" (paragraphe 10, page 5)". Voilà qui devrait rassurer même si apparemment cela ne suffit pas.

"Elle est destinée à protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires en tant qu'aspect menacé du patrimoine culturel européen". Voilà qui devrait encourager son adhésion.

"La Charte vise à protéger et à promouvoir les langues régionales ou minoritaires, non les minorités linguistiques... Elle ne crée pas de droits individuels ou collectifs pour les locuteurs (de ces langues)" (paragraphe 11 page 5). Voilà qui relève d'une rédaction très républicaine et hostile au communautarisme.

"Si le projet de Charte ne s'occupe pas du problème des nationalités qui aspirent à l'indépendance ou à des modifications de frontières, il devrait pouvoir les aider à se sentir à l'aise dans l'Etat dans lequel l'Histoire les a placées" (paragraphe 13 page 6). Voilà qui garantit contre tout séparatisme.

"La charte ne conçoit pas la relation entre les langues officielles et les langues régionales ou minoritaires en termes de concurrence ou d'antagonisme" (paragraphe 14 page 6). Voilà qui protège contre toute atteinte à la langue française, seule langue officielle. "Le concept de langue, tel qu'il est utilisé par la Charte s'articule essentiellement autour de la fonction culturelle de la langue... La Charte ne recourt pas à une définition politico-sociale ou ethnique en caractérisant la langue comme le véhicule d'un groupe social ou ethnique déterminé". (Paragraphe 17 page 7). Voilà qui évacue des risques nationalistes et même xénophobes.

"Les Etats pris individuellement sont libres, à l'intérieur de certaines limites, de déterminer quelles dispositions s'appliqueront à chacune des langues parlées à l'intérieur de leurs frontières " (paragraphe 22 page 9). Voilà qui mettra du baume au cœur du souverainiste le plus réticent ou le plus endurci.

Enfin, ces quelques déclarations exposées dans le rapport explicatif doivent faire tomber les dernières résistances. "La diversité linguistique constitue l'un des éléments les plus précieux du patrimoine culturel européen. L'identité culturelle de l'Europe ne saurait se construire sur la base d'une uniformisation linguistique" (paragraphe 26 page 10). "L'approche retenue par la Charte respecte les principes de souveraineté nationale et d'intégrité territoriale. Il s'agit, dans chaque Etat, de prendre en compte une réalité culturelle et sociale, et non de remettre en cause un ordre politique ou institutionnel" (paragraphe 28 page 10).

"La Charte ne cherche nullement à promouvoir un cloisonnement des groupes linguistiques. Au contraire, il est reconnu que, dans tous les Etats, la connaissance de la langue officielle (ou d'une des langues officielles) est une nécessité : ainsi aucune des dispositions de la Charte devrait être interprétée comme tendant à instituer un obstacle à la connaissance des langues officielles " (paragraphe 29 page 10)

Cette charte a été rédigée pour que tout le monde s'y retrouve et que chacun puisse choisir. Aussi bien un Etat avec plusieurs nations, qu'un Etat unitaire et centralisé, ou un Etat fédéral ou régional. Elle illustre parfaitement le choix de la diversité culturelle et linguistique opérée par les autorités européennes et à laquelle tiennent les peuples.

IV. La France et ses langues régionales

Ce n'est pas directement mon sujet mais je termine en quelques mots par notre pays.

· La France est le pays le plus multilingue d'Europe On a recensé (rapport de Bernard Cerquiglini en 1999), 75 langues parlées sur le territoire de la République. On en connaît les raisons :

  • La situation de la France au carrefour des langues germaniques, celtiques et romanes.
  • La présence française, issue de la période des grandes découvertes et de la colonisation dans toutes les mers du globe : les langues d'outre-mer sont donc nombreuses.
  • La France est de longue date un pays d'accueil et d'immigration.

· La France est le pays le plus unitaire d'Europe, au moins parmi les grands pays C'est l'Etat qui a fait la nation et les deux notions coïncident. Un Etat- une nation-un peuple-un territoire-une langue-une République une et indivisible : ces notions et ces réalités concernent le tréfonds de nous-mêmes. Elles constituent une part puissante de notre identité. La langue française, entrée depuis 1992 dans la constitution, est une composante de la construction de l'Etat-Nation et de l'ancrage de la République chez les Français par et grâce à l'école publique, laïque, obligatoire depuis les années 1880. Quand on entrouvre la porte aux langues régionales, certains de nos concitoyens et responsables politiques craignent le retour en arrière et sont prêts à reprendre les combats du XIXème siècle.

· La France est cependant en cours d'évolution La question des langues régionales est régulièrement reprise depuis la guerre et quelques dates jalonnent cette évolution :

  • 1951 : Loi Dexionne, élargie par la loi Haby en 1976 à d'autres langues
  • 1982 : Circulaire Savary
  • 1995 : Circulaire Bayrou
  • 1999 : Signature de 39 articles de la Charte du Conseil de l'Europe, accompagnée d’une lettre interprétative sur deux expressions : "Groupe" et "Vie publique". Mais le Président de la République a saisi le Conseil Constitutionnel en mai 1999. En juin, celui-ci met un veto total et la ratification est bloquée
  • 2000-2001 : Décisions Jospin - Lang :
    • Programme d'enseignement des langues créoles
    • Processus corse
    • Programme général d'Enseignement des langues régionales
    • Négociation aboutie pour intégrer les écoles associatives Diwan
    • Signature d'un avenant au contrat de plan pour le bilinguisme en Alsace

· Les Français acceptent cette politique mais avec des limites Ils acceptent parce qu'ils considèrent que l'apprentissage d'une langue est un droit, une liberté, que c'est utile pour le plurilinguisme, et que cela contribue à préserver une partie du patrimoine de l'humanité. Ils acceptent mais avec des limites qui sont les suivantes :

  • Il ne doit y avoir aucune obligation
  • Le volontariat doit être actif et positif. Il ne faut pas dire que l'on ne veut pas apprendre une langue régionale mais qu'on veut l'apprendre (le contraire de l'accord corse).
  • La langue française doit rester la seule langue officielle de la République et de l'Etat. Donc pas de co-officialité. Elle doit être maîtrisée de la même façon par tous les enfants de France. Elle doit être défendue pour continuer à rayonner dans le monde entier. A ces conditions, les Français sont ouverts, au moins dans leur très large majorité

Conclusion

· Le plurilinguisme est l'horizon de demain. Il ne faut pas le craindre. C'est à la jeunesse de s'y engager.

· La mobilité ne diminuera pas dans le siècle qui s'annonce. L'Europe n'a pas de frontière interne. De part et d'autre des anciennes frontières devenues seulement des limites territoriales, les échanges s'intensifieront et l'apprentissage de la langue du voisin sera indispensable.

· L'Europe s'en portera bien mais c'est la France qui aura le plus de mal à s'y faire. A nous de trouver cet équilibre positif qui fait rayonner la langue française, sache défendre les langues dites "régionales" et en même temps développe l'apprentissage des langues étrangères.

Les langues sont amies entre elles ; qu'elles le restent ! !

le 06/30/01

Bernard Poignant

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